Actes du colloque "Création et gestion d'une Unité Touristique de Pleine Nature"®
 
THEME I « GESTION DE L’ESPACE, L’EXEMPLE DU SIVU DES GORGES DU CHASSEZAC, APPROCHE SOCIOLOGIQUE, ENVIRONNEMENT »

Questions et commentaires de l'auditoire
Rémi NOEL, Parc National des Cévennes
Marie-Ange CHRISTOPHE, Chambre d'Agriculture de la Lozère
Christophe COTTON, Ligue de Protection des Oiseaux
Dominique GIARD Service d'Etude et d'Aménagement Touristique de la Montagne

Rémi NOEL, Parc National des Cévennes

Je ne peux pas laisser passer l'inexactitude qui consiste à dire que le rôle de « Natura 2000 » est d’éradiquer l'homme des zones où ce programme pourrait s'appliquer. Il s'agit simplement de protéger des habitats faune/flore, où l'homme, qui a su les maintenir y a bien entendu toute sa place. Je n'aimerai pas que l'on mélange les choses. C'est une remarque générale. Sur le dossier qui nous intéresse ici et qui vise à travers la démarche pleine nature à induire quelque part une démarche de développement durable, je crois qu'il ne faut pas à priori éliminer un certain nombre de clientèles, mais qu'il faut profiter de toutes les possibilités, de tous les facteurs attractifs d'un territoire. Parmi ces facteurs attractifs, les Gorges du Chassezac recèlent notamment des milieux qui sur le plan de la faune et de la flore sont loin d'être inintéressants et il y a toute une clientèle qui vient de l'Europe entière qui s'intéresse à ces questions. Or, l'exposé initial a probablement été fait de façon très rapide, on ne peut pas tout aborder, mais il y a tout un potentiel nature en tant que tel qui pourrait aussi s'intégrer parfaitement au projet mais que je n'ai pas cru déceler jusqu'ici.

Réponse de Bernard AMY

Je suis intervenu hier en citant la fameuse directive « Natura 2000 ». J’en ai dit trop peu ce qui a suscité quelques émotions chez certains participants. Je voudrais dire que je ne suis pas du tout contre « Natura 2000 » mais que je suis contre l’usage qu’en font certains. J’ai cité l’exemple de certains naturalistes qui en ont fait un usage abusif, j’aurai pu citer des sociétés de chasse qui se servent de cette directive comme d’un épouvantail ou certains groupes de grimpeurs. Je pense que cette directive est une très bonne chose et qu’il faut s’en servir comme un outil de concertation, c’est peut-être là sa force et sa faiblesse. Pour qu’elle fonctionne, il faut qu’il y ait concertation. Il ne faut pas la prendre de manière étroite.

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Marie-Ange CHRISTOPHE, Chambre d'Agriculture de la Lozère

J'ai bien écouté votre exposé, Monsieur AMY, et j'ai bien noté aussi que vous parliez des activités traditionnelles qui sont pratiquées sur différents sites sur lesquels peuvent être implantées des UTPN.

On parlait de la chasse, de la pêche et des activités naturalistes. Je voudrais tout de même mentionner le travail qui est fait par les agriculteurs. Autour de ces gorges, il y a des terrasses, des espaces de pâture. Les agriculteurs sont bien présents et je voudrais que l'on n’oublie pas que sur le site des gorges du Chassezac, on a bénéficié d'un fond qui est le Fonds de Gestion de l'Espace Rural, avec la participation des agriculteurs dans la gestion de l'espace et plus particulièrement des sentiers de randonnée pédestre.

Je voudrais leur rendre hommage, parce que je pense qu'ils ont fait des efforts pour s'intégrer aux activités qui se développent sur leurs sites et qu'ils y ont mis l'amour de leur espace.

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Christophe COTTON, Ligue de Protection des Oiseaux

Monsieur SALASSE, nous a fait une présentation très brillante du concept. Je souhaitais y apporter quelques éléments complémentaires.

Déjà, en Lozère, le partage des activités sans que les une nuisent aux autres existe. On a un exemple très concret avec le programme de réintroduction des vautours. Monsieur DENICOURT ici présent, ou les représentants des clubs alpins ou des escaladeurs, peuvent témoigner que l'on arrive très bien à faire cohabiter deux types d'activité qui peuvent être vécues par des gens venus découvrir la pleine nature comme tout à fait complémentaires.

D'un côté, ils vont aller découvrir le substrat rocheux avec tout ce que cela comporte en faune et en flore et d'un autre côté, ils vont découvrir de grands planeurs qui vont les faire rêver, au même titre que les rochers. Il n'y pas d'antinomie à ça. Cela n'est pas évidemment le doux rêve des naturalistes, c'est également une forme de développement soutenable ou durable ; on peut discuter longtemps des termes à utiliser. C'est aussi un apport économique et un développement local dont les gens des gorges de la Jonte et du Tarn peuvent témoigner. Je pense donc qu'il ne faut pas présenter les activités de pleine nature comme antinomiques. Il y a des extrémistes partout.

Je terminerai brièvement sur un petit point concernant l'évaluation du patrimoine naturel ou une analyse du potentiel ou des actions du développement des activités dans les Gorges du Chassezac. Je pense qu'il y a ici des représentants de structures que sont les Ecologistes de l'Euzière, le Conservatoire des Sites Lozériens, le Parc National des Cévennes ou la Ligue de Protection des Oiseaux. Nous sommes à votre entière disposition pour mesurer l'impact de ces activités sur la faune, la flore et peut-être pourrions-nous trouver des solutions ensemble.

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Dominique GIARD Service d'Etude et d'Aménagement Touristique de la Montagne

J'ai deux questions à vous soumettre et une remarque terminologique.

Est-ce que l'on peut avoir une idée du budget des communes impliquées dans le SIVU pour essayer de voir les investissements par rapport à leurs ressources, notamment, liées à l'hydroélectricité ?

Est ce que l'on a des indicateurs pertinents de fréquentation depuis la mise en place des aménagements ?

Ma remarque est la suivante : le concept UTPN ne correspond pas à un cadre juridique défini et peut induire une certaine confusion avec la notion d'Unité Touristique Nouvelle (UTN), qui relève du code de l'urbanisme et qui concerne des objets différents, notamment des aménagements dans les stations de sport d'hiver. Peut-être faudrait-il réfléchir éventuellement à une terminologie qui soit moins ambiguë par rapport à ce cadre réglementaire des UTN

Réponse de Pierre VEYSSET

Les deux communes adhérentes au SIVU ont un budget de 2 millions de francs/an. Les investissements sont de l'ordre de 1 million de francs répartis sur 7 ans.

Réponse de Christian FONTUGNE

Il n'y a pas d'indicateurs fiables de fréquentation. C'est un estimatif de la Jeunesse et des Sports. Nous avons vu une fréquentation multipliée par 30 environ. On estime donc qu' entre 3000 et 6000 personnes se déplacent sur le site. Il y a un grand écart, mais on peut sans prendre le risque de se tromper, affirmer qu'un minimum de 3000 personnes fréquentent les Gorges en canyonning. En escalade, on estime la fréquentation à une centaine de personnes (1) pour l'instant, mais cette activité a démarré il y a peu de temps. Il faut préciser que les sites sont limités : 3000m de voies sont vites saturés. Le projet n'est pas pharaonique et n'a pas pour ambition de capter tout le Sud de le France en escalade. Les communes ne pourraient pas supporter le choc. Nous sommes dans une logique de faire vivre le pays et pas de capitalisation, ni d'attrait d'investisseurs extérieurs. Le but est de faire vivre les locaux.

Concernant la notion d'UTPN. Il est clair qu'en 1989, quand nous avons créé le concept UTPN, il y avait déjà les sites sportifs de pleine nature développés par la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade et le COSIROC (Comité de Défense des Rochers et des Sites d'Escalade), à travers ses plans départementaux d'escalade. Le terme UTPN nous a semblé porteur. Nous savons, en effet, qu'il peut y avoir confusion avec les UTN. L'avenir nous dira si cette crainte se confirmera ou non. Nous avons "fait" pendant dix ans avec UTPN et nous espérons que cela va continuer.

(1) Dans l’esprit de l’intervenant, ce chiffre approximatif ne tient pas compte des personnes pratiquant l’escalade avec un encadrement professionnel (cf. discours de Jean DE LESCURE)

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